Histoire de Puits-en-Sock
Une bouffée d’énergie nouvelle a envahi la porte d’Outremeuse

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Puits-en-Sock,
un dynamisme commercial comme nulle part ailleurs

 

Pour réveiller en vous le plaisir de circuler dans un quartier qui a su conserver, entretenir et renouveler son âme d’autrefois. Sans doute y a-t-il une artère plus dynamique encore que toutes les autres : la rue Puits-en-Sock.
Au départ de la place de l’Yser ou du Pont d’Amercoeur, pénétrez dans cette artère dont le tracé remonte au 12ème siècle et appréciez. La rue compte l’une des plus belles concentrations de
façades sculptées de la région mais pour cela, il faut lever les yeux et prendre le temps de contempler. Si l’île d’Outremeuse compte près de 10 000 habitants, depuis le Pont Atlas jusqu’à la pointe du parc de la Boverie, la seule rue Puits-en-Sock rassemble plus de 100 commerçants installés depuis le monument Tchantchès, posé place de l’Yser, jusqu’au pont d’Amercoeur. Un choix incroyable et idéal pour dénicher tout ce dont vous aurez besoin.

 

Des gens de métier à votre service

 

Des artisans glaciers aux joaillier en passant par les primeurs, crémiers, fromagers, négociants en vin, pâtissiers, charcutiers, bouchers, traiteurs variés, Puits-en-Sock reflète le dynamisme et la variété commerciale la plus importante de la cité. Une fois le menu établi, place aux cadeaux ! L’artère compte nombre de boutiques de vêtements pour hommes, dames et enfants, de bijoutier, maroquiniers, restaurateur d’oeuvres d’art, photographes, boutique de téléphonie… Faites une pause pendant vos achats et rendez-vous dans l’une ou l’autre brasserie ou petits restaurants que compte le site ; ce n’est pas, là non plus, le choix qui manque. Côté service, les salons de coiffure, de beauté, cordonnier, agent immobilier, librairie, banques… complètent la gamme sans fausse note. Tous ces commerces ont en commun une particularité non négligeable et de plus en plus rare à l’heure de la mondialisation des enseignes : ici, on est servi par un patron indépendant, à votre écoute et à votre service. Des spécialistes, des gens de métier en place, pour certains, depuis plus de cinquante ans !
Puits-en-Sock, c’est un quartier à elle toute seule. Les nombreuses écoles avoisinantes lui offrent un métissage intergénérationnel plaisant à vivre. Jeunes et pensionnés se partagent les bonheurs de l’artère de bon matin, à l’heure où les commerçants lèvent doucement leur volet . L’embouchure de la rue Jean d’Outremeuse et l’accès à l’historique et charmante rue Roture parachèvent les couleurs de cette toile dynamique. Pour les adeptes des publicités d’autrefois, Puits-en-Sock s’assimile à la rue « Gama » ; une ribambelle de commerces variés, des patrons indépendants qui se côtoient, se reconnaissent, se saluent et semblent heureux de partager une rue vivante et colorée à plus d’un titre.

 

De Puits-en-Chock…
A Puits-en-Sock, toute une histoire

 

Saviez-vous que la rue Puit-en-Sock n’était autrefois que la portion de territoire située entre l’actuelle rue Jean d’Outremeuse et la place de l’Yser, autrefois nommée rue Pont Saint-Nicolas. La première partie, celle débouchant au pied du Pont d’Amercoeur jusqu’à l’embouchure de Jean d’Outremeuse se nommait, rue Entre-deux-Ponts. Pourquoi? Ouvrez l’oeil, encore aujourd’hui et tâchez de comprendre.
A hauteur de la rue Louis de Berghes, première rue à gauche en pénétrant dans l’artère, se situe la rue Saint-Julien, du nom du pont qui s’élevait à cet endroit au 12ème siècle. La construction a disparu suite aux nombreux travaux de la rue mais a laissé son nom. La première partie de la rue, se nommait logiquement rue Entre-deux-Ponts jusqu’au 16ème siècle avant que, la disparition du pont aidant, le terme de Puits-en-Sock ne s’étende à toute l’artère. La Rue Puits-en-Sock remonte à des temps fort éloignés. Sa dénomination remonte à plus de 700 ans. Au 12ème siècle, la voie était déjà bordée d’une double rangée d’habitations serrées dont il ne reste que quelques traces aujourd’hui et de quelques terrains restés libres jusqu’au 14ème siècle. La rue habitait alors nombre de fabricants de chariots (charliers) mais aussi d’autres métiers (teinturiers, boulangers, tanneurs, couvreurs…) et bon nombre de notables dont un certain Chok, échevin de Jupille.
Le prix des locations des maisons n’était ici pas exagéré. L’expression Puits-en-Sock remonte à la moitié du 16ème siècle. L’appellation primitive du site est Chock qui a revêtu différentes orthographes : Chok, Choc, Cok…On donnait a l ’époque facilement un nom de rue en faisant référence à ceux qui y habitaient. Parfois le « ch » se prononçait « s » de là, la transformation en Sock opérée de façon plus générale tout au long du 16ème siècle. « En Chok », désignait un lieu-dit proche du pont Saint-Julien ; la voir située entre ce lieu dit
et le pont Saint-Nicolas, disparu lui aussi, fut bientôt déterminée à son tour « rue de Chok », « chaussée de Chok ».

 

Et Puits alors…

 

Au moyen âge, on ne connaissait pas les pompes. L’eau potable était tirée directement des puits à l’aide de cordes et de manivelles. Ces puits se trouvaient à ciel ouvert et prenaient beaucoup de place, aussi était-il courant, à Liège d’en voir sur les voies publiques. L’un d’entre eux avait été creusé à l’extrémité de la voie dite « en Chok ».
Il desservait tout le vinâve à partir du pont Saint-Nicolas et ses rues voisines. Ce puits était par conséquent très connu dans le quartier d’Outre Meuse et même au-delà, d’autant qu’il avait été ouvert depuis longtemps. Nous sommes il y a 700 ans. A cette époque, les habitants de l’endroit avaient reçu leur nom de ce puits et plusieurs « Dupuis » que compte notre bonne cité tire leur nom de famille du vieux « puits de Chok ». Et oui…

 

Rue chargée d’histoire

 

Du 13 au 15ème siècle, on désignait fréquemment ce puits bien connu pour préciser l’emplacement des maisons situées « en de Chok ». On les disait devant le puits, près du puits, contre le puits...
Ainsi, sans vraiment sans rendre compte, dès le 16ème siècle, la forme la plus couramment employée devint « Puit en Sock ». Devenue usuelle, l’expression s’est appliquée plus tard à toute la rue, celle-là même que vous pouvez encore traverser aujourd’hui. Selon les ouvrages, un jugement des échevins datant du 7 novembre 1461 démontre que le puits qui provoqua la dénomination de la voie – qui en dehors de la largeur n’a pas changé – se trouvait bien rue Puits-en-Sock et non à l’entrée de la rue Entre deux Pont de sorte à ce que les eaux sortant de ce puits doivent s’écouler dans la direction du pont Saint-Julien. Le puits demeura à ciel ouvert jusqu’en 1677.
Afin d’éviter les disette d’eau, on y installa une pompe au 17ème siècle qui résista près de deux siècles. En 1886, elle fut supprimée pour être remplacée par une borne fontaine que nourrissaient les eaux alimentaires. Elle aussi a disparu. La rue à laquelle le puits a prêté son nom comptait un plus grand nombre
d’habitations qu’aujourd’hui. Plusieurs à droite et à gauche ont disparu dans le cadre de l’ouverture de la rue Jean d’Outremeuse en 1853 et son prolongement en 1879. Puits-en-Sock comptait alors bon nombre de Brassines où se sustenter dont certaines traces demeurent sur les façades jalousement conservées. Puits-en-Sock, on pourrait en parler pendant des heures tant il y a à raconter. Notons encore que près de l’emplacement de l’actuelle rue Jean d’Outremeuse, s’élevaient les hôtels et refuges de l’abbaye de Robermont d’un côté et des Chartreux de l’autre. Et oui…

Plus près de nous, début XX ème S, le grand père de Georges Simenon y exploitait une chapellerie.

Désormais, c’est certain, vous ne traverserez plus Puits-en Sock par hasard. Le dynamisme auquel appelle l’artère aujourd’hui n’est finalement que le reflet de ce qu’elle était jadis. Alors prenez le temps de la parcourir, levez les yeux, arrêtez-vous. Sachez apprécier ce qu’elle a su conserver d’hier et ce qu’elle offre comme plaisirs à nos contemporains.

 

source: R.G. - Keskispas Liège - décembre 2008, Olivier Pauquet

 

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